COMBAT

 

Création 2016

Durée : 55 minutes
 

Lucile GUIN, Aurore GRUEL : Conception et Interprétation
Julien PAULY : Musique
Marie-Jeanne ASSAYAG-LION : Lumières
Aurélia COLÉNO-MOUROT : Administratrice de production
Aude BARRALON : Chargée de production, diffusion
Milena SCHWARZE : Chargée de production, relations publiques






 

Par une « chorégraphie intense et sensible » (Sophie Granel, Culturebox) qui flirte avec le théâtre physique, frôle le burlesque sans jamais tomber dans le grotesque, COMBAT propose une vision drôle, grinçante et poétique sur le paraître et touche à l'intime avec humour et sincérité.
Objet inclassable, la pièce bouscule les frontières, joue avec les ruptures, entraînant la confusion des personnages et des genres.

Deux femmes qui pourraient n'être qu'une,
Entre gravité et absurde, légèreté et tendresse,
S'imposent des rituels pour se conformer aux codes sociaux,
Pour plaire, jusqu'au ridicule, jusqu'au trop...

SATIRE DE LA FEMMEDANS LA SOCIÉTÉ DU PARAÎTRE






 

PIÈCE CHORÉGRAPHIQUE DUO L A - AURORE GRUEL LUCILE GUIN






 

COMBAT est né d'une nécessité viscérale de dire stop au(x) masque(s), aux  barrières, aux préjugés que le paraître impose dans notre relation au monde. Se sentir inexistant, effacé dans un lieu où la séduction et les voiles sont éléments clés de toute relation.

 

L’IMAGE : UNE OBSESSION DÉVORANTE

À partir de ce constat, questionner l’importance du paraître en créant le personnage de Lola, une des deux figures de la pièce, figure caricaturale de la femme-objet. Masquée par tous les apparats disponibles – maquillage, faux-cils, faux ongles, perruque, etc… – elle s’accroche à ses miroirs dans lesquels elle regarde, scrute, ausculte son image, de manière obsessionnelle. La vision proposée de la beauté est restreinte, lisse, uniformisée. «Je me sens en décalage lorsque je dis qu’un pied c’est beau, qu’une ride ou qu’un cheveu blanc c’est touchant, qu’une cicatrice c’est fascinant, qu’un corps quel qu’il soit est beau par sa singularité». Lucile Guin

 

VIEILLIR : UN TABOU

«Ça grince». Une femme de 40 ans, 50 ans, 60 ans, dit qu’elle sent perdre sa place, son identité, son rôle dans la société parce qu’elle vieillit ? Les questions de la maturité, du vieillissement, dans une société où le jeunisme règne, ont fait naitre la seconde figure de la pièce : Gravité.Sa peur de vieillir l’entraîne à l’exécution de rituels proches de la barbarie pour retenir cette peau qui se détend, tombe selon les lois naturelles de l’attraction et du temps. Lutter contre cette chose naturelle qui nous renvoie à notre finitude …
 

AU-DELÀ
C’est avec une distance ironique que Combat révèle la cruauté, la violence, l’absurde du diktat de l’apparence et glisse dans l’onirisme du corps, dans sa puissance évocatrice et métaphorique. Le corps est révélé dans sa singularité, avec apaisement, au-delà des fards. C’est alors qu’on touche à l’intime, à l’infime et que les êtres « se disent » dans le murmure. La nudité, qui apparaît à la fin de la pièce, fait contrepoint aux images omniprésentes de corps de femmes nus, érotisés, objectivés.
Ces codes, ces masques, subis ou choisis, à quel moment deviennent-ils des barrières, des formes d’aliénation : un trop qui dévore ?
Rêver un monde où les rapports entre hommes et femmes, entre femmes et femmes, entre hommes et hommes, ne sont pas systématiquement sous le joug de la séduction, de la domination, de la capture. Rêver quelque chose qui balayerait des rapports de force convenus et par trop codifiés.
Le troisième temps de Combat ouvre la porte à la recherche d’un au-delà de ces regards formels. Un glissement s’opère vers une force qui se déploie et ne peut émerger que parce que les masques tombent pour laisser place à la complicité et au jeu entre deux êtres.
Dès lors, nous naviguons dans un « no man’s land », un horizon d’êtres ?